J'étais l'invité du podcast de la SNCB pour parler du train comme alternative à l'avion : prix, temps, dernier kilomètre et slow travel. Mon retour, et l'épisode à écouter.
Il y a quelques semaines, la SNCB m'a invité dans son podcast Bienvenue à bord pour parler d'un sujet qui me tient à cœur depuis le tout début de Wildhartt : le train comme vraie alternative à l'avion. J'y étais avec Tom Guillaume, porte-parole de la SNCB. On a parlé sans détour du prix, du temps, des freins, et de ce qui est en train de changer. Je te mets l'épisode juste ici — tu peux l'écouter dans le train, forcément.
Wildhartt est né d'une idée simple : il y a énormément à faire dans son propre jardin. Et pour nous, ce jardin, c'est notre petite Europe — la Belgique, les Pays-Bas, la France, et un peu au-delà. On n'a pas besoin de traverser la planète pour vivre une aventure qui compte. Et si la destination est à côté, alors la question du « comment on y va » devient évidente.
C'est pour ça que sur chaque expédition, on explique comment arriver en train. On essaie au maximum de faire partir nos aventures depuis une gare : le rendez-vous avec le guide se fait sur le quai. Ce n'est pas un détail. C'est une façon de dire à nos voyageurs que le train n'est pas la corvée avant les vacances — il fait déjà partie du voyage.
Photo : Unsplash
C'est la phrase qu'on entend le plus. Et honnêtement, elle est parfois vraie. Mais de moins en moins.
Sur le prix, Tom a dit quelque chose que je trouve important : si l'avion est aussi peu cher, c'est en partie parce que le kérosène n'est ni taxé ni soumis à la TVA, là où l'électricité qui fait rouler les trains, elle, l'est. Un billet à 19 € pour l'autre bout de l'Europe, c'est séduisant — mais ce prix cache une partie de la facture : l'environnement, et souvent des modèles low cost où les conditions de travail ne sont pas toujours celles qu'on imagine. Quand tu paies un billet de train, tu paies aussi l'infrastructure, les gares, le matériel, les gens qui font tourner tout ça. C'est le juste prix d'un trajet qui traverse un continent.
Sur le temps, l'écart se réduit vite. Le train vers Paris, ce n'est pas que l'Eurostar : il y a maintenant Ouigo, qui relie Bruxelles à Paris en environ trois heures, pour un prix accessible. Il y a aussi Bruxelles – Amsterdam. Et surtout, tu arrives en plein centre-ville. Pas de navette de 40 minutes depuis un aéroport perdu à ajouter au calcul. Quand on met tout bout à bout, le train redevient une option crédible bien plus souvent qu'on ne le croit.
Le chiffre qui m'a marqué dans cet épisode : depuis la gare de Bruxelles-Midi, il y a déjà plus de 3 600 destinations à moins de 6 heures avec une correspondance maximum. L'ambition de la SNCB, c'est d'atteindre 8 000 destinations d'ici 2032. Et les voyageurs suivent : en 2024, la Belgique a compté 18 millions de voyageurs internationaux, en nette hausse.

Des lignes rouvrent, des trains de nuit relient à nouveau des capitales européennes. On voit clairement le train remplacer ce que Tom appelle les « sauts de puce » : ces vols courts, à moins de cinq heures de train, qu'on prenait par réflexe et qu'on n'a en réalité aucune raison de faire en avion.
Là où beaucoup de gens bloquent, ce n'est pas le grand trajet : c'est le dernier kilomètre. Entre la gare d'arrivée et le point de départ réel de l'aventure, souvent au milieu de nulle part, comment on fait ?
Chez Wildhartt, on a une solution simple : c'est le guide, qui habite sur place, qui vient te chercher à la gare et t'emmène jusqu'au point de départ. Ça règle le problème sans voiture individuelle, et ça commence l'aventure sur une rencontre plutôt que sur un stress logistique. Quand ce n'est pas possible, on accompagne : covoiturage, vélo, à pied — on te montre concrètement les options. Parce que la plupart du temps, ces derniers kilomètres qui font peur sont bien plus faciles à régler qu'on ne l'imagine.
Quelques exemples réels de ce qu'on propose autour du rail :

Et sur chaque expédition, on mesure et on affiche l'empreinte carbone du voyage. Pas pour donner des leçons : pour que chacun puisse faire un choix éclairé, en connaissance de cause.
Pour moi, le slow travel se résume à une chose : remettre l'expérience au centre, et non la destination. Le voyage « classique », c'est partir loin pour finalement ne rien faire de plus que zoner sur une plage. Ce qu'on défend, c'est l'inverse : aller vivre une activité, une aventure — et pouvoir le faire à deux pas de chez soi.
Le train s'inscrit exactement là-dedans. Il ne raccourcit pas le voyage, il le prolonge dans le bon sens : on regarde les paysages défiler, on lit, on discute, on arrive déjà un peu ailleurs. Et je vois autour de moi que les mentalités changent pour de bon — des entreprises offrent des jours de congé supplémentaires à ceux qui renoncent à l'avion, d'autres transforment un team building en trajet en train par simple bon sens.

Entreprendre de manière responsable, ce n'est pas compenser ses externalités négatives une fois qu'elles sont là. C'est les mesurer, les contrôler, les réduire au maximum. Le train, pour nous, c'est une des façons les plus concrètes de le faire.
Alors la prochaine fois que tu prépares une aventure, pose-toi d'abord la question : est-ce qu'il y a un train ? Il y en a probablement un. Et bon voyage — ou, comme on dit dans le podcast, que le rail te porte.
— Maxime Mertens - Co-fondateur de Wildhartt
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