Res Nullius : pourquoi la nature sauvage n'est jamais loin

Par Maxime

Le documentaire Res Nullius suit un sanglier repéré à Bruxelles. L'occasion de voir où observer la vraie faune sauvage belge, à ta portée.

decorative

Un sanglier aperçu dans un parc bruxellois : c'est le point de départ de Res Nullius, le nouveau documentaire de Thomas Jean, réalisateur connu sous le nom de La Minute Sauvage. Le film sort en salles le 6 mai 2026 et suit la trace de cet animal pour raconter une réalité qu'on oublie facilement, la ville aussi est un écosystème vivant.

Un film qui questionne notre rapport au sauvage

À travers les regards d'urbanistes, de naturalistes et d'acteurs de terrain, Res Nullius explore les liens entre biodiversité, aménagement du territoire et justice sociale. Ce n'est pas un simple documentaire animalier, c'est une réflexion engagée sur la façon dont on partage l'espace avec ce qui vit déjà à côté de nous, en ville comme en périphérie.

Le titre lui-même vient du droit romain : une res nullius est une chose qui n'appartient à personne, libre d'appropriation. Appliqué à la nature en ville, friches, berges, talus ferroviaires, le terme prend un sens presque politique : ces espaces qu'on ne regarde jamais sont aussi ceux où le vivant reprend le plus vite ses droits.

La faune sauvage revient, même en Belgique

Le sanglier du film n'est pas un cas isolé. Deux espèces, en particulier, sont en train de reconquérir le territoire belge sans qu'on s'en rende toujours compte.

Le castor, un retour spectaculaire

Le castor avait totalement disparu de Belgique au milieu du XIXe siècle, chassé pour sa fourrure. Il a été réintroduit, illégalement, dans la région de Louvain au début des années 2000 : une vingtaine d'individus relâchés qui se sont depuis multipliés en une population estimée aujourd'hui entre 600 et 1000 individus en Wallonie, et entre 150 et 400 en Flandre. Le castor est aujourd'hui une espèce protégée : il est interdit de le chasser ou de détruire son habitat.

Ce retour est loin d'être anecdotique pour l'écosystème : en construisant ses barrages, le castor recrée des zones humides, ralentit l'érosion des berges et façonne des habitats dont profitent d'autres espèces, poissons, batraciens, jusqu'à la cigogne noire qui vient s'y nourrir. La vallée de la Dyle, près de Louvain, concentre l'une des plus fortes densités du pays.

Le cerf, le temps du brame

Chaque année, de mi-septembre à mi-octobre, les forêts d'Ardenne s'animent d'un tout autre bruit : le brame du cerf. Le mâle dominant fait entendre son cri rauque et puissant pour affirmer son territoire et impressionner les femelles, une bande-son qui porte à plusieurs centaines de mètres à la tombée du jour.

« Le castor n'a désormais plus de secret. La région est magnifique et vaut vraiment le détour. Notre guide Mathias connaissait son sujet et était très à l'écoute. Les horaires en packraft étaient parfaits, rivière peu fréquentée à ce moment-là et propice à l'observation. » — Joëlle, participante à la sortie castor en packraft

Comment observer sans déranger

Observer la faune sauvage, ça ne s'improvise pas complètement. Quelques réflexes simples font toute la différence, pour toi comme pour l'animal :

  • Reste sur les sentiers ou infrastructures balisées, elles existent justement pour permettre l'observation sans déranger.
  • Privilégie tôt le matin ou en fin de journée, les heures les plus actives pour la faune.
  • Garde tes distances : des jumelles valent toujours mieux qu'un rapprochement.
  • Évite le bruit, la musique et les lampes fortes au crépuscule.
  • Ne nourris jamais un animal sauvage !

iNaturalist, pour commencer à repérer ce qui t'entoure

Pas besoin de matériel spécialisé pour commencer. L'application iNaturalist permet de photographier une trace, une plante ou un animal croisé en balade : une communauté de naturalistes, assistée d'une reconnaissance automatique, t'aide ensuite à l'identifier. Concrètement :

  1. Tu prends une photo, même imparfaite, d'un indice (trace, terrier, animal, plante).
  2. L'application propose une identification automatique, que la communauté confirme ou corrige.
  3. Ton observation est géolocalisée et rejoint une vraie base de données scientifique sur la biodiversité locale, y compris en pleine ville.

C'est aussi une manière concrète de vérifier, à ton échelle, ce que Res Nullius raconte à l'écran : la ville abrite plus de vivant qu'on ne le pense.

Vivre cette expérience avec un guide

Si l'envie de voir cette faune de près te titille, deux sorties d'une journée permettent de le faire sans grande organisation : la descente en packraft sur les traces du castor près de Louvain, accompagnée par Mathias, guide biologiste spécialiste du castor, et la journée packraft et écoute du brame du cerf en Ardenne. Pour explorer plus large, la catégorie faune sauvage regroupe toutes nos sorties d'observation, en Belgique et ailleurs.

Pour aller plus loin sur la faune belge, tu peux aussi lire nos guides sur où observer le castor en Belgique, sur la faune des Hautes Fagnes et de la vallée de la Semois, et sur le retour du bison en Belgique.

Trouve ta prochaine aventure

Découvre des expéditions sélectionnées dans les catégories de cet article et commence à planifier ton prochain voyage.

Ces expéditions pourraient t'intéresser …

Choisies à la main, dans la continuité de cet article.